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L'argumentation : Sauvages - Civilisés

Dimanche 11 novembre 2012 7 11 /11 /Nov /2012 15:00

http://4.bp.blogspot.com/-CFQVvrqLcVU/TxFsHhKvpnI/AAAAAAAAEkc/woOAgOKdTGw/s640/Zoo-Humain.jpgSource image

 

A la fin du 19ème siècle, le directeur du Jardin d'acclimatation imagine de recruter des indigènes pour les présenter au public. Pendant trente-cinq ans, les Français  se passionnent pour ces "exhibitions ethnologiques", lançant de la nourriture et de la verroterie aux "sauvages" parqués derrière les grilles. Le phénomène des "Zoos humains" se développe dans toute l'Europe durant des décennies, attirant des millions de personnes. Ces spectacles sont à à la fois un outil de propagande colonialiste, un objet scientifique au service de thèses racialistes, une source de divertissement voyeuriste. Ainsi se construit le regard des occidentaux sur l'Autre...

Les lycéens d'i-voix donnent ici la parole à cet Autre.

Février 1892 : un "Caraïbe" exhibé au Jardin d'acclimatation sort de son silence.

Voici quelques extraits de ce discours ...

 

 

 

http://www.quaibranly.fr/typo3temp/pics/ef96232e54.jpgSource image

 

Comme chaque jour, une foule de visiteurs s'était massée autour de l'enclos, et les rires fusaient, accompagnants les piaillements moqueurs des visiteurs. Le plus vieux des « Caraïbes » qui restait toujours en retrait s'était levé lestement, imposant le silence, et d'une voix forte, il s'adressa aux visiteurs :


« Vous, barbares de l'occident ! Vous, les rustres qui nous avez arrachés à notre terre natale où nous vivions en paix, pourquoi êtes-vous venus pour nous asservir ? Nous étions inoffensifs, nous étions unis, nous vivions dans la joie et le bonheur et vous, vous êtes arrivés pour anéantir sans aucun remords, ni aucun regret, nos rêves et nos jours heureux ! Dans le sang et dans la plus pure violence, vous nous avez emmenés de force jusqu'à votre pays ! Votre pays dont vous vantez les cruels progrès, les viles connaissances et votre savoir inutile ! Et c'est sur cette terre promise à la liberté que nous sommes arrivés en esclaves ! En tant qu'animaux vous nous avez entassés dans ces enclos sombres où plus aucune lumière ne pouvait nous éclairer.


Laissez moi vous parler de notre monde! Là bas, sur nos terres, de l'autre côté de l'océan, un océan que vous nous avez fait traverser dans vos gigantesques barques, nous vivions une vie calme et paisible ! Avant d'arriver ici, nous partagions les fruits, les plantes et tous les cadeaux que la nature nous délivrait avec sa tendresse maternelle ! Le vent était frais et balayait doucement les branches des arbres féconds. Le soleil éternel gouvernait sur le ciel bleu et les fleurs s'épanouissaient dans la pureté de l'air le plus doux. Nous étions les plus heureux au monde avant que vous ne débarquiez avec vos intentions néfastes ! À peine aviez-vous posé un seul pied à terre que vous semiez la peur et la terreur sur toutes nos terres ! Et lorsque nous sommes arrivés dans ce maudit pays qu'est le votre, le vent était froid, même glacial ! Les branches étaient nues de toute feuille, et le ciel était gris, parsemé de nuages aussi sombres que les ténèbres qui ne laissaient pas un seul rayon de soleil réchauffer le cœur des occidentaux ! Mon pays connaissait l'été, l'hiver gouvernait sur le votre. Vous avez dressé une immense et effrayante grille entre nous. Un abîme presque nous sépare ! Et par dessus cette grille immonde, vous avez jeté des babioles dont nous n'avons que faire ! Des babioles qui au départ, ont attisé les curiosité de mon peuple ! Ce peuple dont vous vous moquez de son ignorance ! Vous nous avez donné de la viande crue comme si nous ne pouvions pas manger autre chose ! Plus tard, vous avez lancé de la nourriture que vous ne vouliez pas, mais ne savez-vous donc pas lire ? Vous qui êtes si sages et si bons, ne respectez vous donc pas les règles ? N''avez vous pas déchiffré les inscriptions de ce panneau où il y a écrit «  Ne pas nourrir les indigènes ils sont nourris  » ? N'avez-vous seulement pas eu l'idée d'obéir ? Nous, nous vous avons obéi : nous n'avions pas d'autre choix ! Pour augmenter votre commerce, vous nous avez retiré nos simples habits rustiques pour nous livrer nus dans vos arènes d'expositions grillagées. Vous avez obligé nos filles et nos fils à danser pour je ne sais quelle idole ou quel Dieu ! Vous avez violé nos chants et nos coutumes ! Et nous avons paradé, recouverts de monstrueux colliers de coquillages et d’embarras, pour le seul plaisir de vos yeux ! Sous la menace, nous avons exécuté vos demandes ignobles tandis que vous, vous ne pouviez vous empêcher de rire. Vous aimiez vous moquer des pauvres indigènes qui vous offraient ce spectacle grotesque ! Vous nous avez forcés à nous battre contre nos fils, nos pères, et nos oncles pour vous amuser. Pour vous, cela n'était qu'un jeu, un divertissement ! Mais quel homme peut se vanter d'aimer ce genre de divertissement ? La fureur et la colère ont gagné les cœurs et ont divisé les frères, les cousins et les amis. Et sous vos cris coupables, vos horribles incitations, le vice de la destruction, et de la domination ont guidé ceux qui ont remporté les victoires. Les plus faibles ont voulu fuir mais leurs propres frères les ont terrassés avec une haine sauvage. Vous avez donné à mes fils votre goût douteux pour le sang et la suprématie ! Nous étions bons mais vous avez transmis votre orgueil à mes enfants innocents ! Nous étions unis mais vous nous avez séparés de telle sorte que des clans se forment et se haïssent ! Nous étions libres mais vous nous avez enlevés pour nous garder en captivité ! Nous étions pacifiques mais vous avez fait de nous, des monstres et des guerriers fous ! Nous étions sains mais vous avez brisé l'équilibre que nous avions avec la nature !

 

http://www.oeuvresouvertes.net/local/cache-vignettes/L400xH352/arton1675-44305.jpg Source


Cette nature, vous l'avez vaincue pour établir ce que vos nommez des quartiers et des villes. Cette nature est votre mère pourtant vous êtes fiers de dominer. Cette nature vous a tout donné, pourtant vous désirez sans cesse la contrôler. Cette nature est en vous, cet instinct que vous avez odieusement rejeté pour votre stupide science, vous ne pourrez malgré vous, l'effacer ! Vous restez ces héritiers même si vous êtes les pires bêtes que la Terre ait connues ! Vous êtes assoiffés de richesses superflues, d'innovations inefficaces, de plaisirs malsains et de pouvoirs qui ne vous rendront en rien heureux ! Et au nom de votre science, vous nous gardez prisonniers ici, nous, que vous aimez appeler des indigènes sans aucun savoir, des bêtes naïves possédant un nombre incalculable de lacunes. Lorsqu'on nous a laissés dans ces cages, une armée de scientifiques est arrivée, équipée de toutes sortes d'outils inquiétants ! Ils nous ont observés , ils nous ont mesurés, ils nous ont comparés, ils nous ont touchés pour définir je ne sais quoi de plus idiot que notre « race » ! D'où vous vient cette manie de tout ranger, de tout classer ? Aucun débat n'avait autant attiré de foule que celui qui porte sur ma couleur de peau ! Votre science démontre que vous êtes des créatures magnifiques vivant dans un monde parfait contrairement à nous qui ne sommes que de simples brutes incultes ! Vous rejetez ceux qui sont vos frères pour quelques différences sans importance ! Pourquoi ne pas nous avoir laissés là où nous étions ? Vous nous trouvez trop grossiers, trop sots, trop imparfaits pour vous côtoyez alors vous nous séparez d'une grille de fer aussi froide que vos cœurs ! Vous êtes forts ! Vous êtes les dominants ! Et nous, de pauvres créatures sans âme !


Mais qui êtes vous pour nous juger ainsi ? Qui êtes vous pour dire qui nous sommes ? Qui êtes vous pour vous comporter ainsi ? De quel droit nous traitez vous de cette manière ? Vous avec vos lois injustes et votre soi-disant justice ! Vous, qui êtes si fiers de votre nation, vous vous plaisez à exhiber partout vos Droits de l'homme et du citoyen mais qu'en est-il en réalité ? Qui protège les plus démunis et les innocents des coupables comme vous ? Où est la justice ? Où est l'égalité ? Où est la fraternité ? Où est la liberté ? Vous prêchez l'égalité mais vous vous placez au dessus de tous, devenant selon vous, des êtres inégalables ! Vous êtes supérieurs ! Et entre vous, vous vous déclarez tous égaux mais vous séparez ceux qui ne savent que faire de tous les biens qu'ils possèdent et ceux qui meurent de faim dans ce que vous désignez comme des classes ! Est-ce bien égal ? Vous proférez la fraternité alors qu'il n'y a pas trente ans, vous faisiez la guerre à un royaume voisin, dont vous êtes les frères ! Et entre vous, vous oubliez le partage et l'amour qui unissent les membres d'une même nation, d'un même pays ! Et la liberté ? N'est-ce pas le pouvoir de faire ce que l'on désire sans que cela nuit à autrui ? Vous énoncez la liberté alors que vous réduisez en esclavage tous ceux que vous ne portez pas dans vos cœurs ; est-ce cela la liberté ? Être et avoir des esclaves ? Tiens, parlons en de l'esclavage ! N'avez vous pas, abolit ce que vous présentiez comme un péché ? N'avez vous pas en 1848, abolit l'esclavage ? Vous niez, vous mentez, vous vous réfugiez derrière des mensonges au lieu de voir la vérité !

 

http://idata.over-blog.com/2/21/35/41/MEMOIRE-ET-HISTOIRE/DEBAT-COLO/Zoos-humains-1931-groupe_Canala-RETOUCHE.jpgSource


Je ne suis plus aussi jeune qu'autrefois mais lorsque je vivais encore sur mes terres, je travaillais le sol pour nourrir les miens, je parcourais les plaines avec mes compagnons et je ne faisais plus qu'un avec la nature ! Je bâtissais des abris faits de branches et de feuilles pour ceux qui n'avaient pas de cabane pour dormir ! J'accueillais avec bienveillance ceux qui venaient des terres lointaines ! Je puisais ma force dans les racines de mes ancêtres ! J'étais heureux ! Je ne possède pas tout ce que vous avez et je ne vous envie pas ! Lorsque vous êtes venus, avons nous tenté de vous massacrer comme vous l'avez fait avec ceux qui vous résistent ? Et parce que nous avions des mœurs différentes, nous avons dû vous suivre jusqu'ici ! J'ai près de quatre-vingt quinze ans pourtant mes yeux voient bien mieux que les vôtres. Car à force de vous admirer, vous ne savez plus comment regarder autour de vous ! Vous gardez vos yeux fermés de peur que vos pupilles ne soient brulées par l'étincelante lumière de la vérité ! J'ai appris durant ma longue vie à voir, et à comprendre des choses que vous ne soupçonnez même pas. Je peux aisément lire dans vos cœurs, l’égoïsme et l'amour-propre que vous ressentez ! Vous ne voyez même pas ce qui vous ronge au plus près de vous ! Ce qui ronge votre monde parfait ! Est-ce cela votre monde parfait ? Un monde où règnent le mépris et l’orgueil ! Un monde où chacun porte un masque ! Un monde où chacun joue un jeu ! Un monde où chacun ment ! Voilà ce qu'est en réalité votre monde parfait ! Vous commandez, vous dirigez, vous gouvernez au prix de toute morale ! Vous vous promenez couverts de joyaux, et les mains pleines de petits morceaux de métal ronds que vous appelez « argent » ! Pour lui, vous vous entretuez ! Pour lui vous donneriez tout, même vos enfants, la chair de votre chair, votre trésor le plus précieux qui n'a aucune valeur pour vous ? Qu'allez vous enseignez à vos filles et vos fils ? Que la seule chose qui compte sur Terre, est cette pièce minuscule ? Pour rien au monde je ne voudrais changer mes biens que vous considérez comme ridicules contre vos bouts de métaux ! Vous aimez exposer vos riches babioles et vous aimez être plus haut que tous les autres, qu'ils soient vos frères ou vos ennemis !


Dans mon pays, libres sont mes concitoyens, les hommes sont asservis sur vos terres ! Vous êtes dévoués à votre orgueil, dévoués à votre argent, dévoués à vos richesses, dévoués à vos inutiles connaissances, mais vous ne pouvez qu'apporter haine et désespoir ! La nature nous a fait frères ! Alors qu'avez-vous de plus que nous pour nous traiter aussi cruellement ? Pourquoi nous séparer avec une grille impitoyable que même la plus forte des volonté ne pourrait briser ? Nous vous respections ! Et vous, vous n'avez fait que semer chez nous des graines aussi mauvaises que la pire des maladies existantes ! Vous avez fait naître dans notre peuple, un peuple aimant et pacifique, des sentiments de haine, de colère, de révolte, de vengeance ! Honte à vous, qui apportez le malheur ! Honte à vous, qui apportez le vice ! Honte à vous qui apportez la destruction ! Vous ne méritez pas que l'on vous respecte ! Écartez-vous de cette grille ! »

 

http://afrochild.files.wordpress.com/2010/04/zoo-humains-1891-dahomeens.jpgSource

Par Léa - Publié dans : L'argumentation : Sauvages - Civilisés
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Dimanche 11 novembre 2012 7 11 /11 /Nov /2012 12:00

 


















"Poème à mon frère blanc"


Poème de

Léopold Sédar Senghor

exposé au CDI du Lycée de l'Iroise





http://www.france24.com/fr/files_fr/element_multimedia/image/senghor.jpgSENGHOR
Par i-voix - Publié dans : L'argumentation : Sauvages - Civilisés
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Dimanche 11 novembre 2012 7 11 /11 /Nov /2012 10:00

http://4.bp.blogspot.com/-CFQVvrqLcVU/TxFsHhKvpnI/AAAAAAAAEkc/woOAgOKdTGw/s640/Zoo-Humain.jpgSource image

 

A la fin du 19ème siècle, le directeur du Jardin d'acclimatation imagine de recruter des indigènes pour les présenter au public. Pendant trente-cinq ans, les Français  se passionnent pour ces "exhibitions ethnologiques", lançant de la nourriture et de la verroterie aux "sauvages" parqués derrière les grilles. Le phénomène des "Zoos humains" se développe dans toute l'Europe durant des décennies, attirant des millions de personnes. Ces spectacles sont à à la fois un outil de propagande colonialiste, un objet scientifique au service de thèses racialistes, une source de divertissement voyeuriste. Ainsi se construit le regard des occidentaux sur l'Autre...

Les lycéens d'i-voix donnent ici la parole à cet Autre.

Février 1892 : un "Caraïbe" exhibé au Jardin d'acclimatation sort de son silence.

Voici quelques extraits de ce discours ...

 

http://www.quaibranly.fr/typo3temp/pics/ef96232e54.jpgSource image

 

 

«  Éloignez vous promptement de ma famille ! Nous étions heureux avant que vous et vos infâmes maîtres ne viennent nous arracher à notre patrie ! Nous manquons à notre terre, notre terre nous manque. Maintenant que votre démoniaque et sacralisée patrie est en train de voler la vie de deux de mes frères, ayez au moins la décence de nous laisser nous recueillir en paix !

 

Vous vous croyez supérieurs ? Vous vous autoproclamez « civilisés » ? et nous « Sauvages »? De toute évidence, vous vous mentez. Chez le peuple que vous appelez "sauvage", jamais une telle mascarade n'aurait été possible ! Jamais la personne humaine n'aurait été mise dans une cage comme celle qui m'entoure, et pourquoi suis-je dans cette cage ? Car j'ai fait l'erreur d’accueillir en ami l’esclavagiste que vous appelez noble. Lorsqu'il a débarqué sur les belles plages de ma mère la terre, je l'ai accueilli chez moi, présenté à tout mon village et couvert de cadeaux qui pour moi avaient une grande valeur. Et qu'a-t-il fait en retour ? Il nous a, moi et la moitié de mon monde que vous appelez tribu, mis en cage pour être exposés et montrés dans cette gigantesque cage, pour être exposés et montrés dans cette incivile civilisation et dans ce monde malsain et sombre.

 

Vous pensez nous êtres supérieurs alors que dans le même temps vous passez votre temps enfermés et entassés dans des villes insalubres tandis que nous passons notre vie à parcourir nos forêts et à goûter la vraie liberté.


Vous pensez êtres honnêtes alors que lorsque vous vous indignez de la blessure que j'ai pu infliger dans mon acte de révolte à un de vos soi-disant « gardiens de la paix », vous projetiez dans le même temps dans votre cœur le vol de vies humaines.


Vous pensez êtres supérieurs lorsque vous allez au théâtre voir de grandes tragédies grecques et appelez cela culture et divertissement quand dans la même démarche vous emmenez vos enfants jeter des pavés sur des pauvres êtres humain qui ont été volés à leurs familles.


Vous nous traitez de lâches à la guerre mais vous êtes venus dans mon village par centaines et avec des armes dont nous ne disposons pas.

 

Vous vous sentez plus évolués car vos mœurs vous interdisent de vous séparer de votre femme, alors que le seul résultat est bien souvent de vous faire passer le reste de votre vie avec une personne pour qui vous n'éprouvez plus aucune passion.

 

En vérité je devrais vous haïr, mais je ne vous hait point. Je sais que le français est mon frère et je compatis pour lui. Je compatis car il me fait pitié. L'européen soi-disant civilisé me fait pitié car je sais qu'il ne connaîtra jamais la véritable liberté telle que je l'ai goûtée. J'ai pitié car je sais aussi que votre vie est dirigée par votre dieu d'argent alors que la mienne est régie par l'amour et je sais donc que vous finirez tous votre vie seuls.

 

(...)

 

Laissez nous en paix ! Rentrez chez vous et réfléchissez à l'image que vous donnez à vos enfants. Pensez au monde dans lequel vous allez les élever. Sachez qu'ils se souviendront de nous que vous avez séquestrés, bâillonnés ligotés. Rappelez vous de l'histoire que vous êtes en train d'écrire. »


Par Etienne - Publié dans : L'argumentation : Sauvages - Civilisés
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Samedi 10 novembre 2012 6 10 /11 /Nov /2012 16:00

http://4.bp.blogspot.com/-CFQVvrqLcVU/TxFsHhKvpnI/AAAAAAAAEkc/woOAgOKdTGw/s640/Zoo-Humain.jpgSource image

 

A la fin du 19ème siècle, le directeur du Jardin d'acclimatation imagine de recruter des indigènes pour les présenter au public. Pendant trente-cinq ans, les Français  se passionnent pour ces "exhibitions ethnologiques", lançant de la nourriture et de la verroterie aux "sauvages" parqués derrière les grilles. Le phénomène des "Zoos humains" se développe dans toute l'Europe durant des décennies, attirant des millions de personnes. Ces spectacles sont à à la fois un outil de propagande colonialiste, un objet scientifique au service de thèses racialistes, une source de divertissement voyeuriste. Ainsi se construit le regard des occidentaux sur l'Autre...

Les lycéens d'i-voix donnent ici la parole à cet Autre.

Février 1892 : un "Caraïbe" exhibé au Jardin d'acclimatation sort de son silence.

Voici quelques extraits de ce discours ...

 

http://www.quaibranly.fr/typo3temp/pics/ef96232e54.jpgSource image

 

 

« Hé ! m'entendez-vous? Je sais que vous êtes là, vous l'avez toujours été ! s'écria Patcharis. Vous pensiez qu'un sauvage comme moi ne pourrais parler votre langage, vous pensiez que j'aurais pu rester des années dans une cage sans rien dire, vous pensiez que j'aurais pu garder le silence en étant loin des miens ? Je me présente : Patcharis. Je suis ce que vous appelez dans votre langue un « caraïbe ». Je suis dans votre pays et dans cet endroit que vous appeler « zoo » depuis que l'un de vos missionnaire nommé Père François m'a arraché à ma famille il y a de ça 10 ans. Vous ne pouvez vous imaginer dans vos petits esprits étriqués comment on peut vivre dans une cage d'un mètre sur trois durant une décennie. Vous préféreriez subir mille tourments, succomber à la mort des centaines de fois que de vivre comme un de vos animaux dans une cage de fer.  

 

(...)

 

 

Un jour, il faisait très froid, il y avait ce que vous nommez de la neige, le zoo en était rempli, il y avait un petit garçon qui courait pour rejoindre sa mère qui l'appelait. De sa poche tomba un petit objet rond, brillant et un morceau de papier rectangulaire. Au même moment, plus loin, un viel homme marchait seul, il semblait que sa famille l'avait abandonné à son sort. Ce viel homme était très loin du petit garçon mais même à cette distance il vit ce qui était tombé. Je le vis attendre sournoisement que l'enfant soit loin, il était tapi tel un jaguar qui fond sur sa proie sans défense, il courut par la suite de peur que quelqu'un ne prenne l'argent. Et je pense avoir vu pour la première fois la cupidité. Chez nous, si un enfant avait fait tomber quelque chose, notre ancien aurait accouru pour le lui rendre, il lui aurait même, je suis sûr, offert un petit jouet fait de bois sculpté.

 

(...) "

Par Erwann - Publié dans : L'argumentation : Sauvages - Civilisés
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Samedi 10 novembre 2012 6 10 /11 /Nov /2012 12:00

INTO THE WILD - Voyage au bout de la solitude et de la nature 


"Depuis deux ans, il marche sur la terre. Pas de téléphone, pas de piscine, pas d'animaux de compagnie, pas de cigarettes. Liberté ultime. Etre un extrémiste. Un voyageur esthète dont le domicile est la route. Echappé d'Atlanta. Tu n'y retourneras pas parce que "l'Ouest est ce qu'il y a de mieux". Et maintenant, après deux années de déambulations c'est l'aventure finale, la plus grande. La bataille décisive pour tuer l'être faux à l'intérieur de soi et conclure victorieusement le pèlerinage spirituel. Dix jours et et dix nuits de trains de marchandises et d'auto-stop m'amènent dans le Grand Nord blanc. Il ne sera plus empoisonné par la civilisation qu'il fuit et il marche seul pour se perdre dans la nature."
Alexandre Supertramp, mai 1992.
(Into the Wild de John Krakauer)



 

 



J'aimerais associer à la séquence un film que j'ai vu dernièrement, INTO THE WILD de Sean Penn, adaptant magistralement au cinéma le livre pareillement intitulé de John Krakauer, retraçant l'histoire authentique de Christopher McCandless, un jeune américain ayant quitté la vie civilisée pour la vie sauvage.

Christopher McCandless a 22 ans, un diplôme assorti de résultats ouvrant Harvard, un avenir sans surprise, une ligne droite dans le futur.
Une ligne déviée par le feu de l'idéalisme absolu, une ligne brisée par la soif de liberté sans limites, qui coulent tous deux dans ses veines. Il plaque tout du jour au lendemain et prend la route de l'Ouest américain.
Des eaux désertiques du lac Mead à celles tumultueuses du Colorado bleu, en passant par les côtes turquoises du Pacifique et leurs forêts émeraudes de séquoias géants, traversant les immenses champs dorés du Dakota, il croise sur son chemin des gens qui façonnent sa vision de la vie.
Au bout du voyage, le choc avec la Nature pure et dure : l'Alaska et son coeur de glace.

"Le cours de sa vie s'inversa comme s'inverserait celui d'un fleuve, coulant soudain vers sa source."

"Il avait consacré quatre ans à l'absurde corvée d'obtenir son diplôme. Il s'émancipait à présent de ce monde d'abstraction, de fausse sécurité, de famille et de matérialisme. Toutes choses qui le coupaient de sa vérité."

Par Fiona - Publié dans : L'argumentation : Sauvages - Civilisés
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Samedi 10 novembre 2012 6 10 /11 /Nov /2012 10:00

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A la fin du 19ème siècle, le directeur du Jardin d'acclimatation imagine de recruter des indigènes pour les présenter au public. Pendant trente-cinq ans, les Français  se passionnent pour ces "exhibitions ethnologiques", lançant de la nourriture et de la verroterie aux "sauvages" parqués derrière les grilles. Le phénomène des "Zoos humains" se développe dans toute l'Europe durant des décennies, attirant des millions de personnes. Ces spectacles sont à à la fois un outil de propagande colonialiste, un objet scientifique au service de thèses racialistes, une source de divertissement voyeuriste. Ainsi se construit le regard des occidentaux sur l'Autre...

Les lycéens d'i-voix donnent ici la parole à cet Autre.

Février 1892 : un "Caraïbe" exhibé au Jardin d'acclimatation sort de son silence.

Voici quelques extraits de ce discours ...

 

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" Vous Européens, qui venez-vous extasier devant nos grilles, nos enclos, nos cages, de quel droit venez vous nous observer, rire en nous regardant ? Depuis que nous sommes enfermés, vous ne cessez de nous traiter comme des bêtes sauvages !!!!

Nous étions heureux ; et pour vous distraire nous avons été arrachés aux nôtres.

Nous vivions libres  ; et à cause de vous, nous avons été enlevés à notre terre.

Nous étions des Hommes ; et vous avez fait de nous des animaux.

Pour qui vous prenez vous à détruire un peuple de la sorte ? Quelle joie, quel plaisir, quelle jouissance tirez-vous de notre souffrance ? Vous voulez vous prouver que votre vie n’est pas minable, vous essayez de vous rassurer. Vous pensez que nous sommes juste une distraction sans pensées, sans émotions, de vulgaire et de banales choses !! Nous ne sommes pas des spécimens dénués de raison, de sentiments, nous pouvons penser, réfléchir, apprendre, comprendre, tout comme vous. Nous n'avons pas créé de machines qui nous permettent de nous déplacer plus vite, nous préférons profiter de ce que la nature nous offre, le doux son du vent dans les feuilles, le vol des insectes, le chant des oiseaux… Pourquoi autant de sons provocants, pour vos oreilles ? Dans une ville qui  à l’air si étouffante !! (...) "


Par Bénedicite - Publié dans : L'argumentation : Sauvages - Civilisés
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Vendredi 9 novembre 2012 5 09 /11 /Nov /2012 15:00

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A la fin du 19ème siècle, le directeur du Jardin d'acclimatation imagine de recruter des indigènes pour les présenter au public. Pendant trente-cinq ans, les Français  se passionnent pour ces "exhibitions ethnologiques", lançant de la nourriture et de la verroterie aux "sauvages" parqués derrière les grilles. Le phénomène des "Zoos humains" se développe dans toute l'Europe durant des décennies, attirant des millions de personnes. Ces spectacles sont à à la fois un outil de propagande colonialiste, un objet scientifique au service de thèses racialistes, une source de divertissement voyeuriste. Ainsi se construit le regard des occidentaux sur l'Autre...

Les lycéens d'i-voix donnent ici la parole à cet Autre.

Février 1892 : un "Caraïbe" exhibé au Jardin d'acclimatation sort de son silence.

Voici quelques extraits de ce discours ...

 

http://www.quaibranly.fr/typo3temp/pics/ef96232e54.jpgSource image

 

"(...)

Je me souviendrai tout le reste de ma vie ce qui s’est passé ce jour là. Des hommes armés ont débarqué sur nos terres. Nous les avons accueillis, ils ont mangé avec nous. Puis un jour, ils ont chassé des perroquets multicolores et d’autres animaux et les ont enfermés dans des cages. J’ai expliqué à leur chef qu’ils ne pouvaient pas emporter ces êtres vivants car ils appartiennent à la nature. Mais il ne m’a pas écouté. Puis l’horreur à commencé. Les marins nous ont attrapés les uns après les autres. Les femmes couraient et pleuraient en serrant contre elles leurs nourrissons. Nos guerriers ont tenté de les protéger, de les défendre. J’ai vu un homme battre un enfant et l’obliger à rentrer dans leur navire. Ils nous ont tous attachés à des chaînes. Nous sommes rentrés dans la cale du bateau. Et nous avons attendu que notre heure vienne… Arrivés au port, d’autres hommes comme vous nous ont achetés pour quelques morceaux de papier. Ils nous ont arrachés à notre terre où nous sommes nés, pour quelques malheureuses pièces, que vous appelez argent. Vous vendriez mère et père pour en obtenir. Nous voilà maintenant devant vous.

(...)

 

Pensez vous que nous sommes de simples spécimens, où des bêtes de foire ? Nous avons un cœur, un esprit, une vie, comme vous. Les enfants de la nature doivent se respecter mutuellement, car c’est leur mère qu’ils offensent. Si notre peuple enfermait derrière des grilles vos enfants où vos femmes, comment réagiriez-vous ? Comment pouvez-vous prendre la vie d’un homme, comme on prend l’eau de la rivière pour la boire ? Trois d’entre nous sont partis. Des hommes vêtus de blanc les ont emmenés. Ils ne sont jamais revenus. J’ai appris plus tard que leurs corps étaient utilisés pour la Science, dans un laboratoire. Mais vous qui étudiez la Science, dites moi quelles différences avons-nous, vous et moi ? Je viens d’un pays où les hommes rient, les femmes dansent, les enfants jouent. Un pays chaud où le bonheur était notre quotidien. Mais ici, les hommes grondent, les femmes pleurent, les enfants se battent. Vos cœurs sont aussi froids que l’hiver, alors que le soleil brille en chacun de nous. Voilà la vraie différence entre vous et nous.

(...)

 

Mais qui êtes vous donc, pour nous asservir ainsi ? Êtes-vous des dieux ? Des démons ? Vous n’êtes que de simples mortels, comme vous et moi. Quel pouvoir avez-vous sur nous que nous n’avons sur vous ? Vous êtes des hommes libres, cultivés, riches. Vous avez déjà tout mais vous voulez encore plus, et vous prendrez le ciel, la terre, et tout l’océan, jusqu’à ce que vous soyez rassasiés. Vos pensées sont obscènes. Chaque jour, je vois mes filles nues devant des hommes savourant le spectacle, bavant comme des loups affamés de chair tendre. Mais c’est normal de fantasmer sur des femmes innocentes, puis qu’à vos yeux nous sommes des sauvages. Si une femme blanche se retrouvait nue devant nous, quel serait votre sentiment ? De quel droit violez-vous l’esprit pudique de chacun d’entre nous ? Vous êtes des êtres absolument répugnants et infâmes.

(...)"


 

 

Par Julie - Publié dans : L'argumentation : Sauvages - Civilisés
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Vendredi 9 novembre 2012 5 09 /11 /Nov /2012 12:00

 

http://images.allocine.fr/r_760_x/medias/nmedia/18/79/07/98/19504245.jpgSource image

 

 

De son vrai nom Sarah Baartman Arrachée d’Afrique du Sud, cette jeune Africaine aux formes hallucinantes est exhibée à Londres et Paris comme une bête de foire. Elle enflamme le monde scientifique, nourrissant malgré elle les théories de la classification des races. À sa mort en 1815, à 26 ans, son corps est disséqué par le Baron Cuvier.

 

SortI sur les écrans en 2010 :

un film inspiré de cette histoire vraie, r

éalisé par Abdellatif Kechiche,

interprété par Yahima Torres, André Jacobs, Olivier Gourmet ...

 


 

 

L'HISTOIRE DE LA VENUS HOTTENTOTE

 

http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/f/f0/Baartman.jpg

La Venus Hottentote

 

 

Esclave, elle fut emmenée en Europe par un Britannique à Londres en 1810 où on la baptisa du nom de Saartjie Baartman avec l'autorisation spéciale de l'évêque de Chester. Vendue, elle devient bête de foire eu égard à sa morphologie hors du commun : hypertrophie des hanches et des fesses (stéatopygie), organes génitaux protubérants (macronymphie). Elle est exposée en Angleterre, en Hollande et ensuite en France. Elle devient par la suite objet sexuel (prostitution, soirées privées).

En mars 1815, le professeur de zoologie et administrateur du Muséum national d'histoire naturelle de France, Étienne Geoffroy Saint-Hilaire, demande à pouvoir examiner « les caractères distinctifs de cette race curieuse ». Après le public des foires, c'est devant les yeux de scientifiques et de peintres qu'elle est exposée nue, transformée en objet d'étude. Peu de temps plus tard, le rapport qui en résulte compare son visage à celui d'un orang-outang, et ses fesses à celles des femelles des singes mandrills.

Georges Cuvier zoologue et chirurgien, estime que Saartjie est la preuve de l'infériorité de certaines races. Peu après sa mort, il entreprend de la disséquer au nom du progrès des connaissances humaines. Il réalise un moulage complet du corps et prélève le squelette ainsi que le cerveau et les organes génitaux qu'il place dans des bocaux de formol. En 1817, il expose le résultat de son travail devant l'Académie de médecine, témoignage des théories racistes et des préjugés des scientifiques de l'époque : « Les races à crâne déprimé et comprimé sont condamnées à une éternelle infériorité. »

Le moulage de plâtre et le squelette sont exposés au musée de l'Homme à Paris. Ce n'est qu'en 1974 qu'ils furent retirés de la galerie d'anthropologie physique et relégués finalement dans les réserves du musée (le moulage étant encore resté exposé durant deux ans dans la salle de préhistoire).

En 1994, quelque temps après la fin de l'apartheid en Afrique du Sud, les Khoïkhoï font appel à Nelson Mandela pour demander la restitution des restes de Saartjie afin de pouvoir lui offrir une sépulture et lui rendre sa dignité. Cette demande se heurte à un refus des autorités et du monde scientifique français au nom du patrimoine inaliénable du muséum et de la science. Ce n'est qu'en 2002, après le vote d'une loi spéciale, que la France restitua la dépouille à l'Afrique du Sud.

Le 9 mai 2002, en présence du président Thabo Mbeki, de plusieurs ministres et des chefs de la communauté Khoikhoï, la dépouille, après avoir été purifiée, fut placée sur un lit d'herbes sèches auquel on mit le feu selon les rites de son peuple.

 

(Source Wikipedia)

 

Pour en savoir plus : un article de Libération

 

 

 

 

LE FILM LA VENUS NOIRE

 

 

 

 

 

 

"un beau film, moralement clair-obscur, forçant le public à avancer, pas à pas, jusqu’au bout de l’abjection. Car, chez Kechiche, ce qu’on nous promet comme une édification tranquille se transforme en jeu de cache-cache avec soi-même."

(Eric Loret, Libération)

 

 

 

"Les grands cinéastes font des films au moment où ils le doivent. Ni avant, ni après. Pourquoi avoir réalisé Vénus noire aujourd'hui ?

Sans doute parce que j'entends la résonance entre cette histoire et notre époque. J'ai rencontré Saartjie Baartman dans les livres et son histoire m'a bouleversé. Elle prolongeait mes interrogations sur le regard qu'on porte à l'autre. J'avais trouvé dans son parcours une façon de questionner le monde sans être, je l'espère, moralisateur. En revanche, je n'ai pas voulu mettre le spectateur dans une position confortable. Ni moi, d'ailleurs. J'ai besoin de me bousculer, de sortir d'un certain confort cinématographique. J'aime ce malaise. Sur ce film, c'était presque une ligne de conduite : Vénus noire ne devait pas être un film agréable. Ne pas enjoliver les choses, même par l'émotion. Enlever toute idée de divertissement.  

 

En quoi ce sujet faisait-il écho à vos préoccupations d'alors, vous qui n'aviez filmé que des histoires contemporaines ?

J'ai d'abord voulu aborder cette histoire sous l'angle de la reconstitution. Je pose les éléments d'une enquête. Saartjie Baartman a passé cinq ans à s'exhiber dans une cage dix heures par jour. Elle était alcoolique. Elle en souffrait. Je m'en suis tenu aux éléments factuels connus par respect pour elle. Je ne voulais pas d'un film romanesque pour faire pleurer dans les chaumières. Il n'y avait pas, non plus, une volonté d'accuser ou de dénoncer. Mais il y avait des questions. Pourquoi cette femme a-t-elle accepté de souffrir autant ? Comment un homme a-t-il pu la disséquer après sa mort contre sa volonté ? Comment arriver à une telle barbarie ?  

 

(Extrait d'une interview du réalisateur par Eric Libiot dans L'Express)

 

 

 

 


Par i-voix - Publié dans : L'argumentation : Sauvages - Civilisés
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Vendredi 9 novembre 2012 5 09 /11 /Nov /2012 10:00

http://4.bp.blogspot.com/-CFQVvrqLcVU/TxFsHhKvpnI/AAAAAAAAEkc/woOAgOKdTGw/s640/Zoo-Humain.jpgSource image

 

A la fin du 19ème siècle, le directeur du Jardin d'acclimatation imagine de recruter des indigènes pour les présenter au public. Pendant trente-cinq ans, les Français  se passionnent pour ces "exhibitions ethnologiques", lançant de la nourriture et de la verroterie aux "sauvages" parqués derrière les grilles. Le phénomène des "Zoos humains" se développe dans toute l'Europe durant des décennies, attirant des millions de personnes. Ces spectacles sont à à la fois un outil de propagande colonialiste, un objet scientifique au service de thèses racialistes, une source de divertissement voyeuriste. Ainsi se construit le regard des occidentaux sur l'Autre...

Les lycéens d'i-voix donnent ici la parole à cet Autre.

Février 1892 : un "Caraïbe" exhibé au Jardin d'acclimatation sort de son silence.

Voici quelques extraits de ce discours ...

 

http://www.quaibranly.fr/typo3temp/pics/ef96232e54.jpgSource image

 

" Qu'avons-nous de si particulier ? Pourquoi nous observez-vous ainsi ? Sommes-nous si différents de vous ? Je ne comprends pas... Nos yeux regardent les arbres perdre leur feuilles en automne, nos oreilles écoutent les murmures du vent, notre palais goûte les saveurs des aliments, nos paroles décrivent nos pensées et notre cœur bat en rythme ; tout comme vous.


Vous nous ôtez la liberté, en nous condamnant à vivre à travers les barreaux d'une cage au décor refait, pour donner l'impression que nous sommes chez nous. Mais le sable de votre prison est moins doux que le nôtre, les arbres ne sont pas aussi grands et majestueux, aucun oiseau ne vole au-dessus de nos têtes, aucun parfum de fleurs ne se dégage du sol.


Vous avez pillé notre bonheur : nos sourires se sont effacés, et nos rires sont devenus sourds. Vous avez transformé nos âmes heureuses en profonde tristesse. Notre cœur est devenu un soleil sombre, qui se perd dans l'obscurité de votre intolérance, de votre stupidité, de votre méchanceté pure. Et qui sait si la lumière pourra réapparaître ? Cela ne dépend que de vous. J'ai beau chercher au plus profond de moi, j’essaie de comprendre vos motivations à nous humilier ainsi, en nous regardant derrière ces grilles, tels des animaux, mais votre plaisir à rabaisser mon peuple me restera éternellement inconnu.


Je marche pieds nus, car j'aime ressentir chaque élément de la nature : les vagues qui me caressent les chevilles, la terre qui me chatouille les orteils ou l'herbe qui s'écrase sous mon talon. Je ne sais pourquoi, vous préférez marcher en chaussure, toujours trop petites ou trop grandes et souvent douloureuses. Je dessine des motifs sur mon visage, qui représentent ma personnalité, mes sentiments, mes intentions, mon art ; et vous trouvez ce rite étrange, vous vous moquez de moi. Pourtant, vos mœurs sont plus étranges que les miennes : la corrida, ces taureaux, que vous faites courir dans l'arène, sont destinés à mourir ; ils sont tachés de sang, et lâchent leur dernier souffle, sous les applaudissements d'une foule avide de cruauté. Mon peuple trouve cela très particulier que l'on puisse jouir de la mort d'une création de la nature, pour un simple divertissement.

 

(...)"

Par Candice - Publié dans : L'argumentation : Sauvages - Civilisés
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Jeudi 8 novembre 2012 4 08 /11 /Nov /2012 15:00

http://4.bp.blogspot.com/-CFQVvrqLcVU/TxFsHhKvpnI/AAAAAAAAEkc/woOAgOKdTGw/s640/Zoo-Humain.jpgSource image

 

A la fin du 19ème siècle, le directeur du Jardin d'acclimatation imagine de recruter des indigènes pour les présenter au public. Pendant trente-cinq ans, les Français  se passionnent pour ces "exhibitions ethnologiques", lançant de la nourriture et de la verroterie aux "sauvages" parqués derrière les grilles. Le phénomène des "Zoos humains" se développe dans toute l'Europe durant des décennies, attirant des millions de personnes. Ces spectacles sont à à la fois un outil de propagande colonialiste, un objet scientifique au service de thèses racialistes, une source de divertissement voyeuriste. Ainsi se construit le regard des occidentaux sur l'Autre...

Les lycéens d'i-voix donnent ici la parole à cet Autre.

Février 1892 : un "Caraïbe" exhibé au Jardin d'acclimatation sort de son silence.

Voici quelques extraits de ce discours ...

 

http://www.quaibranly.fr/typo3temp/pics/ef96232e54.jpgSource image

 

" Que tout cela s'arrête ! Je vois des millions de gens passer toute la journée devant cette cage infâme, dans laquelle je n'ai aucune intimité, aucun droit, rien ! Des millions de sans cœur, qui sont venus se moquer du pauvre petit sauvage que je suis, admirer un « Caraïbe », car c'est comme cela que l'on m'appelle, voyez-vous ? Je n'ai même pas la permission de choisir mon nom! Et durant ces journées infinissables, je subis vos rires horribles, quoique ce ne soient pas les moqueries le pire. Le pire, c'est de devoir supporter vos visages d'anges coupables à longueur de journée, ces visages gras, tellement laids que vous êtes obligés de les recouvrir de poudre blanche pour ne pas vous faire vomir les uns les autres. Je dois supporter vos petites gueules de bourgeois à l'odeur de fleur fanée dont vous vous parfumez abondement. Vous n'êtes qu'une bande de prétentieux, qui croient avoir des connaissances, de la supériorité par rapport à moi. D'ailleurs, c'est en partie pour cela que j'ai autant de visiteurs, tout ceux qui sont ici, ont tellement peu de confiance en eux, qu'ils viennent se comparer à un sauvage sur lequel ils sont sûrs d'avoir tout les droits.


(...) 

 

Maintenant, allez-vous en, je ne veux plus vous voir. Je sais que personne ne voudra me libérer après ce que je viens de dire, que je suis condamné à finir ma vie dans cette cellule, que je mourrai de folie. Mais peu m'importe. J'ai exprimé ce que je ressentais, je me suis fait entendre. C'est tout ce dont j'avais besoin. 

 

Après que ce Caraïbe du zoo de Paris eut fini son discours, les passants qui l'avaient écouté, et qui pouvaient se compter sur les doigts des deux mains, en grande majorité passèrent leur chemin, en gardant fixée sur le visage une expression impassible. Tous partirent, sauf un. C'était un petit garçon, il devait avoir environ huit ans. Il sortit de sa poche une friandise, l'offrit au sauvage, puis le regarda avec des yeux pleins de respect et de bonté avant de partir en courant. Ce petit garçon avait été abandonné à la naissance, il avait grandi par lui même, avait toujours vécu dans la rue. C'est ce même garçon qui, sept ans plus tard, brisera le cadenas de la cage des Caraïbes, fera sortir tous ses habitants, puis s'enfermera seul à l'intérieur pour le restant de ses jours, dans la quasi ignorance du monde qui l'entourait."


Par Mathilde - Publié dans : L'argumentation : Sauvages - Civilisés
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Jeudi 8 novembre 2012 4 08 /11 /Nov /2012 12:00
http://kaelkriss.free.fr/wp-content/la_foret_d_emeraude.jpgSource-image


La Forêt d'Emeraude

Un film de John Boorman (1985)

Scénario (basé sur une histoire vraie) : Rospo Pallenberg

Acteurs : Charley Boorman, Dira Paes, Powers Boothe, Meg Foster, Ariel Coelho...



Tommy, 7 ans, est le fils de Bill Markham, un ingénieur américain venu construire un barrage en bordure de la forêt amazonienne. Il est enlevé par une tribu d'indiens : les Invisibles. Pendant dix ans, son père le recherche en vain, tandis que Tommy est élevé par la tribu selon la culture des Invisibles...


Par i-voix - Publié dans : L'argumentation : Sauvages - Civilisés
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Jeudi 8 novembre 2012 4 08 /11 /Nov /2012 10:00

http://4.bp.blogspot.com/-CFQVvrqLcVU/TxFsHhKvpnI/AAAAAAAAEkc/woOAgOKdTGw/s640/Zoo-Humain.jpgSource image

 

A la fin du 19ème siècle, le directeur du Jardin d'acclimatation imagine de recruter des indigènes pour les présenter au public. Pendant trente-cinq ans, les Français  se passionnent pour ces "exhibitions ethnologiques", lançant de la nourriture et de la verroterie aux "sauvages" parqués derrière les grilles. Le phénomène des "Zoos humains" se développe dans toute l'Europe durant des décennies, attirant des millions de personnes. Ces spectacles sont à à la fois un outil de propagande colonialiste, un objet scientifique au service de thèses racialistes, une source de divertissement voyeuriste. Ainsi se construit le regard des occidentaux sur l'Autre...

Les lycéens d'i-voix donnent ici la parole à cet Autre.

Février 1892 : un "Caraïbe" exhibé au Jardin d'acclimatation sort de son silence.

Voici quelques extraits de ce discours ...

 

http://www.quaibranly.fr/typo3temp/pics/ef96232e54.jpgSource image

 

 

 

 

" (...) Puis à chaque lever du soleil, de nouvelles personnes arrivent, nous regardent, nous fixent, rient. Sur les têtes des hommes, de grands objets noirs  sont posés. Ils coincent un cercle autour de leur œil. Les enfants jouent avec de grands cercles en bois. A tous ces gens on ne voit pas les pieds, car une partie du vêtement les recouvre pour les protéger sans doute du froid de ce pays.


Ils me rappellent ma famille qui n’est pas ici avec moi. La rage me dévore, je voudrais tellement les voir mais il s’est passé beaucoup de lunes avant d’arriver dans cet enclos. A quelle distance de cette prison se trouvent mes enfants, mon peuple, ma vie ?


Alors oui, hommes blancs, je suis devant vous aujourd’hui car après tout ce que vous avez fait subir à mon peuple, je n’ai plus peur, plus peur de vos regards méprisants, plus peur de votre cruauté, plus peur de votre idiotie à nous traiter comme des bêtes.

(...)

 

 

Vous nous exposez à tous ces gens dans le seul but de faire commerce de notre vie. Vous n’aimez que ce métal rond et ce papier lourd que vous appelez de « l’argent », c’est indispensable dans vos vies, cela est devenu votre croyance, votre divinité. Mais comment acheter avec ce métal rond et ce papier lourd le ciel, la chaleur, l’eau, la terre ? Vous croyez que tout se vend et s’achète, vous seriez prêts à oublier votre famille pour cette chose. Votre appétit d’argent dévorera la terre et vous ne laisserez derrière vous qu’un désert.

 

Après tout ce que mon peuple a subi, après tous les malheurs que vous nous avez fait endurer, après tout le sang que j’ai vu couler des corps affaiblis par ces massacres, après ces journées interminables à vous regarder vous moquer de notre couleur ou de nos manières de vivre, manger, parler, je vous pardonne…

 

Je vous pardonne pour votre bêtise de nous croire inférieurs, je vous pardonne pour votre pensée ignorante : croire que nous sommes plus proches des animaux que vous mangez que des hommes blancs !


Je vous pardonne pour les inqualifiables gestes de cruauté que vous avez pu avoir, car j’ai compris une chose : vous êtes malheureux, vous n’avez aucune confiance en vous, vous ignorez tout et vous vous laissez influencer par ceux qui ont la conviction que nous sommes des animaux sans âme.

 

J’espère qu’un jour vous réussirez à prendre de la hauteur sur le sens de nos vies et que vous comprendrez votre erreur. La seule possibilité de changer c’est d’apprendre à vos enfants que le sol qu’ils piétinent est fait des cendres de nos ancêtres, que la terre est notre mère enrichie par les vies de toutes les races. "

 

 


 

Par Nina - Publié dans : L'argumentation : Sauvages - Civilisés
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Mercredi 7 novembre 2012 3 07 /11 /Nov /2012 15:00

http://4.bp.blogspot.com/-CFQVvrqLcVU/TxFsHhKvpnI/AAAAAAAAEkc/woOAgOKdTGw/s640/Zoo-Humain.jpgSource image

 

A la fin du 19ème siècle, le directeur du Jardin d'acclimatation imagine de recruter des indigènes pour les présenter au public. Pendant trente-cinq ans, les Français  se passionnent pour ces "exhibitions ethnologiques", lançant de la nourriture et de la verroterie aux "sauvages" parqués derrière les grilles. Le phénomène des "Zoos humains" se développe dans toute l'Europe durant des décennies, attirant des millions de personnes. Ces spectacles sont à à la fois un outil de propagande colonialiste, un objet scientifique au service de thèses racialistes, une source de divertissement voyeuriste. Ainsi se construit le regard des occidentaux sur l'Autre...

Les lycéens d'i-voix donnent ici la parole à cet Autre.

Février 1892 : un "Caraïbe" exhibé au Jardin d'acclimatation sort de son silence.

Voici quelques extraits de ce discours ...

 

http://www.quaibranly.fr/typo3temp/pics/ef96232e54.jpgSource image

 

 

 

" (...)

 

Tu es l'homme blanc et nous sommes noirs, et alors ? 

Devons-nous être considérés comme des sous-hommes simplement parce que d'après votre religion nous serions descendants de Cham ?

Eh oui, je connais votre religion : me pensez-vous toujours aussi ignorant ?

Tu nous penses idiot, ignare, incapable ! Nous te pensons cupide, égoïste, raciste !

Nous vivons en harmonie avec la nature, avec notre peuple et avec notre corps et toi tu oses venir nous dérober ce que nous avons de plus cher : notre liberté !

Et regarde, là, mes enfants, regarde, là, tous nos enfants, qui font les bouffons pour quelque métal rond que tu leur lances... 


(...)


Et tu sais, toi, homme d'argent qui gère ce zoo humain, nous avions au départ la plus grande estime pour toi, mais tu as tout gâché ; nous t'avons offert les plus belles de nos filles, et tu en as profité ; nous t'avons offert les plus juteux de nos fruits, et tu les as dégustés ; nous t'avons offert la plus douce des semaines, et tu t'es reposé.


(...)


 Cessons d'être de gentils et doux sauvages ! Nous ne méritons pas toute cette souffrance ! Je n'accepterai plus de m'exhiber, j'attendrai que quelqu'un vienne m'abattre, me tuer ! "


Par Manon - Publié dans : L'argumentation : Sauvages - Civilisés
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Mercredi 7 novembre 2012 3 07 /11 /Nov /2012 12:00

 

http://www.cinemacom.com/tarzan/t-greystoke.jpg


HISTOIRE :


IXe siècle. Après un naufrage, un homme et sa femme enceinte sont condamnés à survivre dans une forêt d'Afrique équatoriale. Réfugiés dans une cabane construite dans les arbres, la femme meurt de maladie peu après la naissance de leur fils et l'homme est tué par des singes. Une guenon qui vient de perdre son petit recueille l'enfant. Vingt ans plus tard, un explorateur belge, le Capitaine Phillippe D'Arnot, découvre ce jeune homme qui croit être un singe. Ce qu'il retrouve dans la cabane des parents lui fait comprendre qu'il s'agit d'un descendant du Comte de Greystoke. D'Arnot décide alors de ramener le jeune homme à la civilisation...
(Source : Wikipedia)


Qui est sauvage ? Qui est civilisé ?
Qui est humain ? Qui est animal ?



BANDE ANNONCE :

 



 
Par i-voix - Publié dans : L'argumentation : Sauvages - Civilisés
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Mercredi 7 novembre 2012 3 07 /11 /Nov /2012 10:00

http://4.bp.blogspot.com/-CFQVvrqLcVU/TxFsHhKvpnI/AAAAAAAAEkc/woOAgOKdTGw/s640/Zoo-Humain.jpgSource image

 

A la fin du 19ème siècle, le directeur du Jardin d'acclimatation imagine de recruter des indigènes pour les présenter au public. Pendant trente-cinq ans, les Français  se passionnent pour ces "exhibitions ethnologiques", lançant de la nourriture et de la verroterie aux "sauvages" parqués derrière les grilles. Le phénomène des "Zoos humains" se développe dans toute l'Europe durant des décennies, attirant des millions de personnes. Ces spectacles sont à à la fois un outil de propagande colonialiste, un objet scientifique au service de thèses racialistes, une source de divertissement voyeuriste. Ainsi se construit le regard des occidentaux sur l'Autre...

Les lycéens d'i-voix donnent ici la parole à cet Autre.

Février 1892 : un "Caraïbe" exhibé au Jardin d'acclimatation sort de son silence.

Voici quelques extraits de ce discours ...

 

http://www.quaibranly.fr/typo3temp/pics/ef96232e54.jpgSource image

 

« Cela vous fait plaisir de voir un homme en cage ? Quel est donc votre but ? Voir votre reflet en prison, ou peut-être tout simplement vous sentir supérieur. Sachez que chaque jour ici est une souffrance.

(...)

 

Au fond, j’envie mes deux compagnons qui s’en sont allés, ils ont retrouvé leur liberté, celle que vous nous avez arrachée. Des hommes blancs les ont emmenés. Mais ils ont atrocement souffert, cela vous était bien égal, vous les regardiez agoniser à petit feu avec ce même sourire, pire encore, vous les montriez du doigt pour que vos enfants puissent les voir. Ils sont partis à cause de vous, le froid les tenaillait et vous leur jetiez toutes sortes de nourriture infâme, pour ,sans doute, prouver votre inexistante bonté. Ils sont tombés malades. Oui, ils sont malades de voir comment vous nous traitez, ils sont malades d’un manque de liberté, ils sont malades de tous les maux que vous ne pouvez pas connaître.

(...)


Votre orgueil et vos préjugés vous font penser que nous sommes des sauvages, mais, de nous ou de vous, qui sont vraiment les sauvages ? Est-ce parce que nous sommes différents que nous sommes sauvages ? Peut-être devriez-vous regarder un peu plus votre monde avant de juger le nôtre, peut-être aussi devriez-vous arrêter de vouloir vous sentir supérieurs aux autres. Laissez-nous vivre comme bon nous semble, nous n’avons point les mêmes mœurs que vous, fort heureusement pour nous ! Notre dieu, Ichéiricou, ne nous entend plus car nous sommes trop loin de notre terre natale et car vos mauvaises mœurs l’empêchent de nous atteindre. J’espère tout de même qu’il nous portera secours et nous enlèvera de cette prison. Vous êtes très certainement les enfants de Mabouya, le dieu du mal et de l’enfer. »


Par Anne-Gabrielle - Publié dans : L'argumentation : Sauvages - Civilisés
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