Je pardonne ceux qui croient
tout savoir, tout deviner
alors qu'ils ne savent rien.
Car les seuls poèmes que je peux offrir c'est des bouquets de nerfs.
Et des mots qui aboient.
Je pardonne ceux qui croient
tout savoir, tout deviner
alors qu'ils ne savent rien.
Car les seuls poèmes que je peux offrir c'est des bouquets de nerfs.
Et des mots qui aboient.
une bière descend dans sa gorge
jusqu'aux plus fines nervures de son être
elle parcourt Ce corps malade
remet ses rouages en route de peine
la vieille machine à souffle âcre
et images morbides
-extrait "Blocs"(9.06.04)
Poids
à force d'années le corps
de plus en plus lourd à sortir le matin
et à rentrer le soir
un sac d'os et de viande
obscurs
pas de jachère du temps pas d'interstice
pour les questions elle viennent la nuit
quand on ne dort pas
heure à heure haler le jour
à salaire inchargé
on dit fatigue usure
comme si c'était le plat du jour
ou météo passagère
en fait ça s'érode et se grippe
peu à peu
s'encrasse
les yeux se creusent
baisser la tête
la rentrer dans les épaules
feu muré
mais aucune raison de dire
oui
Ce recueil de poème c'est de l'air que nous ne pouvons saisir.
"le rire muet des carcasses putrides
et leur danse macabre"
-extrait de "III" (8.12.03)
"[...] attendre quoi fin sûre attendre
jusqu'à ce que casse
cette mécanique usée du coeur"
Voici une photo qui pourrait d'après être associer au poème suivant d'Antoine Emaz =) :
les morts le long de la route
poussés sur les talus
tête qui hurle un ordre
et plus personne debout devant
grand yeux d'enfant
encore là après seul
hôpital corps bandages
tout est muet
tanks face à foule
visages inertes des soldats
puis tout avance
écrase
...
Dans ce recueil on l'impression que vous parlez de
certains moments de votre vie?
Est vrai?
Si oui, pourquoi avoir fait le choix de révéler des
morceaux de votre vie?
les nuages
fuient
les mouettes planent crient
on est loin dedans dehors mêlés
dans un vide agité
de l'intérieur du jardin
...
On peut interpréter ce poème comme pouvant être un souvenir de l'auteur,
qui comtemplerait le ciel alors qu'il se trouve dans on jardin.
le bruit de l'eau ici
calme et seul rien à dire sauf
le manque de souffle alors
que tout est vaste autour
photo perso (de mon papa)
de grands tournant de vent
et dans les mains
l'odeur écrasée du géranium
parfois une pomme de pin boule
sur le toit en plastique
ou bien la pluie
par gifles d'averses
...
Si ce poème était une saison, ce serait : l'Automne
Car les sensations que dégage ce poème
me font penser beaucoup à l'atmosphère de l'Automne.
Fierté stupide insolente force de caractère posture apprise ou imitée mais des yeux sans larmes et même pas heureux d'être vieux avant le temps
Rien à dire, sauf le manque de souffle
alors que tout est vaste autour
à un moment le soir la lumière
la glycine fond dans le ciel
c'est très court de couleur
on ne sait pas si ça peut
figurer dans les mots
cette double nuit bleu
à la radio loin la guerre
la violence proche les morts
sans nom leur nombre
dans la fleur de nuit linceuil
pigment poussière histoire
...
Si je devais coloriser ce poème, ce serai tout simplement :
MULTICOLORE
Bulles
de grands tournants de vent
et dans les mains
l'odeur du savon transparent
parfois une bulle s'écrase
sur le toit en plastique
ou bien des centaines
par gifles de tempête
bulle comme bulles
dans le silence d'un souffle qui s'agite
dans toutes ces clématites.
Les mots changés sont en mauve.
photo perso (de mon papa)
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