Dimanche 28 avril 2013
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Titre de l’œuvre : La Naissance de Vénus
Date de la composition : avant 1449
Nature : Huile sur toile
Dimension : 1,75m x 2.18m
Genre : Portrait allégorique
Nom et information de l’artiste : Sandro Botticelli de son vrai nom Sandro di Mariano Filipepi, surnommé « le petit tonneau »
allias « Botticelli » est à la fois peintre, dessinateur et graveur italien. Il naquit en 1445 et meurt en 1510 à Florence. L’artiste étudié l’orfèvrerie avant de rentrer chez Filippo
Lippi ainsi que Verrocchio qui l’influèrent. Son art se nourri moins de la réalité sensible que d’idées, ce qui l’isole un peu de ses contemporains.
Sujet : Mythologie, littéraire et philosophique. D’une part l’auteur s’est inspiré de l’Aphrodite anadyomène d’Apelle. Aphrodite
surgissant de la mer en enlevant l’eau de ses cheveux. Apelle est un peintre de peintre grec du Ive siècle av. J.C favorisé par Alexandre le Grand dont il fît de nombreux portraits. D’autre part le sujet porte sur l’amour à la mode du XVe siècle. Le mythe de la naissance de Vénus est relaté par Hésiode dans sa Théogonie. L’épisode raconte la
haine d’Ouranos fils de Gaïa envers ses enfants. Cette haine né de son père Gaïa le dieu de la Terre qui lui-même avait de la haine pour ses enfants. La haine d’Ouranos le conduit à cacher ses enfants dans la Terre au lieu de les élever dans la lumière. Il subit une terrible vengeance de la part de Gaïa qui
fabrique une serpe et demande à un de ses fils, le Titan Cronos de castrer Ouranos. Par ce geste criminel, le Ciel et la Terre s’éloigne à jamais et libère les enfants. Cronos jette les
testicules de son père dans la mer mais de ses restes sans union, la Terre fait naître de nouvelles puissances, grâce au sang naissent des Erinyes, des Géant et des nymphes. Autour des organes du
Gaïa se forme une écume qui fait surgir Aphrodite comme le décrit Hésiode.
Description : La scène du tableau représente Vénus au centre de la toile sur une coquille St-Jacques posée sur les flots agités par le
souffle de Zéphyr. A gauche, Zéphyr est enlacé par une jeune femme. A droite, une jeune femme blonde tend depuis la rive, un voile à Vénus. Des roses flottent dans l’espace ; un arbre boise
la terre. C’est une illustration fidèle à la description de l’œuvre d’Apelle et au récit mythologique d’après Hésiode et l’Hymne homérique, avec une légère différence : il n’y a qu’une seule
Heure présente au lieu de trois.
Vénus est la déesse de la beauté, elle est très célèbre en Grèce ainsi qu’en Crète et à Chypre. Elle porte le symbole du Désir et de la Fécondité et donne l’image de l’Amour charnel et animal, du
plaisir des sens. Cependant, Botticelli exprime sa volonté de recréer l’image de la déesse telle que les Anciens l’avaient créée. Vénus évoque donc l’Unité et son essence spirituelle. Elle
devient une allégorie que l’on représente pour l’Amour par l’acceptation du mouvement néoplasticisme dont elle incarne l’étape de l’amour et de la beauté spirituels. Ses cheveux blonds sont le
signe de provocation sensuelle lorsque ceux-ci sont dénoués. Ils symbolisent des forces psychiques de la divinité : le blond est une couleur solaire.
La coquille Saint-Jacques évoque l’eau où elle se forme ; ici c’est une image redondante de Vénus. On retrouve cette idée de Fécondité liée à l’eau. La coquille ayant une perle comme certaine coquille, symbolise le mariage en Grèce à cause de sa forme analogique avec le sexe féminin.
Zéphyr est le fils d’Eos (l’Aurore) représentant le vent d’Ouest violent et pluvieux toutefois il est plus doux et agréable en poésie. il est unit au principe féminin pour signifier que le
souffle vivifiant a une double polarité qui unit l’Amour et la Beauté. L’Heure symbolise la Fécondité : l’exubérance florale.
Les fleurs sur les vêtements sont des pâquerettes qui symbolisent l’éternel printemps identifié à l’Amour. La ceinture de pampres de l’Heure représente également l’immortalité. Les fleurs
flottantes sont les roses d’Aphrodite rappelant le mythe d’Adonis (associé aussi à l’anémone). Le rose (rouge + blanc) évoque l’union des contraires et donne au symbolisme de l’amour une
orientation plus spirituelle et charnelle.
Les quatre éléments sont représentés : l’Air du souffle de Zéphyr attisant le Feu de l’amour ; l’Eau de la mer est le lieu des transformations des naissances et de la vie jouant le rôle
de purification du Désir. La Terre, symbole de la fonction maternelle, qui donne ou reprend la Vie est l’emblème de la Fécondité. Elle est représentée par la végétation. Et le Feu, élément de
purification et de régénération dont la lumière évoque la flamme spirituelle de la Vérité.
Décomposition des couleurs : classé en 12 degrés, selon Marcil Ficin elles réfractent une puissance à travers les étapes des
cieux :
Le Jaune et l’Or (croceus) est au 8ème degré : couleur de la divinité médiatrice entre l’homme et Dieu ; elle fait émerger
l’amour.
Le Rouge (rubeus clarior), 7ème degré : principe de Vie, couleur de l’Amour charnelle.
Le Vert (Viridis), 4ème degré : couleur de l’Eau, de la végétation et de la Fécondité.
Le Brun (fuscus), 2nd degré : couleur de la Matière
Le Blanc (albus), couleur de la pureté. Le Rouge et le Blanc sont juxtaposés sur l’Heure : union des contraires que préside Vénus.
Décomposition et style : on n’y voit un triangle dont le sommet par de la gauche du tableau et donne à Zéphyr sa puissance de
protection. Vénus est légèrement inclinée vers le rivage à la manière des mâts de voiliers, elle est poussée doucement vers la terre. Au centre du tableau, un réseau en éventail rayonne à partir
des pieds de Vénus évoquant à la fois son émergence des flots et l’étendue de son pouvoir sur le monde. Le style de Botticelli est lyrique. La sinuosité des lignes anime une composition
rigoureusement charpenté sur des droites en prolongeant le concept de l’équilibre des contraires.
Les personnages sont peints avec une grande douceur, leur regard trahi à la fois la rêverie et le détachement de la réalité terrestre. Ils semblent
flotter dans l’espace. L’ensemble de l’œuvre repose sur plusieurs détails dont certains sont réalistes comme les fleurs, les arbres et les anatomies. En ce qui concerne les vaguelettes, elles
relèvent d’un graphisme abstrait, plutôt décoratif
Réponse à la question : Ce tableau me semble être un tableau de la Renaissance car on y trouve le goût de l’époque, un thème de
l’antiquité dont Vénus revu à travers la sensibilité néoplatonicienne.
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